L’astronomie est le ” geste de la main d’Iyas” contemporain : Lecture sur la divergence des jours de la célébration de l’Aïd al-Fitr 1447 H (Cas du Niger)

Par Oumar Moctar Alansary
Aux nuits de l’observation collective du croissant lunaire (tarā’ī al-hilāl), lorsque celui-ci illumine l’horizon ou se dissimule derrière les nuages, l’antique divergence renaît avec les instruments de notre époque : trois jours différents de l’Aïd(fête de Ramadan) au sein d’une même communauté “oumma islamique”! : Le Niger, le Mali et l’Afghanistan ont célébré l’Aïd le jeudi 19 mars 2026, tandis que la majorité des pays musulmans (dont l’Arabie saoudite) l’ont fêté le vendredi 20 mars, et certains le samedi 21 mars.
Les rapports du Centre international d’astronomie ont confirmé l’impossibilité de voir le croissant le soir de la recherche le mercredi 18 Mars, dans la plupart des régions (coucher de la Lune avant celui du Soleil, conjonction tardive).
Cette divergence impose un renouvellement jurisprudentiel qui concilie les textes éternels de la Charia avec la certitude de la science contemporaine : l’astronomie moderne agit aujourd’hui comme « le geste de la main d’Iyas », effaçant l’illusion avant qu’on ne fonde pas un acte d’adoration sur cette dernière.
Introduction
Le croissant lorsqu’il s’élèves, est-il un signe perçu par la vue ou calculé par la science et la raison ?!
Allah a fait de la vision oculaire une condition pour le début de jeûne et la rupture, par miséricorde envers tous : l’illettré comme le savant, le bédouin comme le citadin.
Mais avec les progrès de la science, le calcul révèle ce que le ciel dissimule : il nie l’impossibilité avant d’accepter un témoignage erroné, ou confirme la possibilité lorsque les yeux sont voilés. Faut-il en faire un substitut absolu ou un gardien auxiliaire du texte révélé ?
Comment concilier « Jeûnez à sa vue et rompez à sa vue » et {Le soleil et la lune suivent un calcul précis} [ar-Rahmān : 5] ?
Les positions des jurisconsultes sur le recours au calcul astronomique:
trois avis précis
– Le premier avis (celui de la majorité des fuqahā’(Savant)) : la vision oculaire seule compte, tant pour l’affirmation que pour la négation, s’appuyant sur {Quiconque parmi vous a vu le mois, qu’il jeûne} [al-Baqara : 185] et sur la parole du Prophète ﷺ : « Jeûnez à sa vue, rompez à sa vue ; si le ciel est nuageux, complétez trente jours ».
La Charia est éternelle et universelle ; elle ne saurait être limitée par l’évolution des moyens.
– Le second avis (minoritaire) : le calcul suffit absolument, invoquant les versets sur le calcul divin et l’ordre « Évaluez-le pour lui » qui invite à exercer la raison.
– Le troisième avis (le plus prudent à notre époque) : le calcul est retenu pour la négation uniquement, comme l’a enseigné le cheikh Ibn ‘Uthaymīn – qu’Allah lui fasse miséricorde – et comme l’ont soutenu plusieurs assemblées jurisprudentielles : si la vision est impossible de manière catégorique (coucher de la Lune avant le Soleil, absence de conjonction…), le témoignage est rejeté ; quant à l’affirmation, elle reste réservée à la vision, par fidélité au texte et pour éviter le doute.
La divergence des horizons : une sagesse de facilitation
Les horizons diffèrent selon les latitudes ; de même que les habitants du Maghreb ne sont pas tenus de s’abstenir lorsque l’aube se lève à l’Orient, il en va ainsi pour la vision de la lune.
Le hadith de Kurayb rapporté par Ibn ‘Abbās dans Muslim prouve la permission de cette divergence, bien que l’unité soit préférable autant que possible.
Le recours aux images du croissant de la troisième nuit :
C’est un argument contre eux, tant sur le plan juridique que logique
Parmi les faits les plus étranges : invoquer des photographies d’un croissant élevé lors de la troisième nuit comme preuve de la validité d’une vision précoce.
Sur le plan juridique : la taille ou l’élévation du croissant n’a aucune valeur probante, comme l’indique le hadith d’Ibn ‘Abbās – qu’Allah l’agrée lui et son père – : « Allah l’a étiré pour la vision ; il appartient donc à la nuit où vous l’avez vu » (rapporté par Muslim).
La nuit de la vision effective est la première, quel que soit l’aspect apparent du croissant.
Sur le plan logique : l’absence de documentation pour la première ou la deuxième nuit (en raison de sa finesse ou de son coucher rapide) soulève une interrogation : si le croissant n’a pas été observé à son moment légal, comment accepter une preuve postérieure ?
Cela suggère une possible illusion optique ou une erreur d’appréciation, surtout face à la précision des calculs modernes qui devancent l’œil nu de plusieurs étapes.
L’histoire d’Anas – qu’Allah l’agrée – et d’Iyas – qu’Allah lui fasse miséricorde
telle que rapportée par al-Balādhurī dans Ansāb al-Ashrāf
On rapporte : « Un groupe, parmi lequel Anas ibn Mālik – qu’Allah l’agrée – qui approchait de la centaine d’années, observa le croissant de Ramadan. Anas dit : “Je l’ai vu, le voici”, et il indiquait sans que les autres ne le voient.
Iyas regarda Anas et vit une mèche de sourcil qui s’était recourbée ; il l’effleura et la redressa sur le sourcil, puis dit : “Ô Abū Hamza, montre-nous l’endroit du croissant.” Anas regarda à nouveau et dit : “Je ne le vois plus.” »
Commentaire sur la sagesse d’Iyas : une clairvoyance qui illumine les regards.
Quelle sagacité chez le cadi Iyas ibn Mu‘āwiya ! Il n’a point contredit le noble Compagnon Anas – qu’Allah l’agrée –, mais a ôté de son œil ce qui l’illusionnait, dissipant l’erreur avant qu’elle ne devienne décret affectant l’ensemble de la communauté.
Sa clairvoyance est une leçon immortelle : la vision peut être trompée par ce qui est proche et apparent ; elle requiert un « effleurement » qui révèle la vérité. L’astronomie contemporaine est cet effleurement : elle enlève la mèche illusoire (satellites artificiels, avions, mirages visuels) avant qu’elle ne soit prise pour un croissant, préservant ainsi la religion du doute et l’adoration dans l’incertitude.
L’Aïd dans le doute : appel aux responsables:
Nous implorons les autorités chargées de l’observation des croissants de ne point plonger les citoyens dans « l’Aïd du doute », où certains se réjouissent de la fête tandis que leur cœur craint d’avoir rompu un jour de Ramadan par manque de vérification précise, ou se lamentent d’avoir manqué un jour de jeûne.
L’adoration exige la certitude ; le doute alourdit les cœurs ; la Oumma mérite une unification qui apaise ses fidèles dans leur obéissance.
Conclusion : vers une unité équilibrée:
Que le calcul, à notre époque, soit le geste d’Iyas : il dissipe l’illusion sans affirmer ce que l’œil n’a point vu, conciliant ainsi l’attachement à la Sunna tout en profitant de la science.
Que soient formées des commissions mixtes (juristes et astronomes) s’appuyant sur des rapports fiables (comme ceux du Centre international d’astronomie), œuvrant à réduire l’écart à un jour au maximum, en préservant les objectifs supérieurs de la Charia en ce qui concerne la facilitation, l’unité communautaire et la quiétude dans l’adoration.
Et notre intention tend vers la recherche de la satisfaction d’Allah, et c’est Lui qui guide vers le droit chemin.
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